Le sujet était
en cours depuis un moment... Un petit modèle du T-50 Golden Eagle avait
été présenté sur ce site,
en feuilles de Dépron® renforcées au papier imprimé.
Le plan est toujours téléchargeable ici
Cette fois, il s'agit de la version en volume, dotée d'une turbine
SF, la même que celle qui équipe l'Hirył
La construction est mixte : polystyrène extrudé découpé
au fil chaud et poncé pour le fuselage,
et structure bois intégralement coffrée pour la voilure.
Caractéristiques
du modèle
Envergure : 69 cm
Longueur : 84 cm
Surface : 13 dm² (environ)
Masse : 760 g
Charge alaire : 58 g/dm²
Profil : SB97 8/1.25
Equipement :
Moteur : SF Brushless 2200-6-3000
Contrôleur : Jeti Jes 30 3P
Turbine : SF Turbo Fan 65 mm
Batterie : Li-Po 3S 2250 mAh
Radio : 4 servos GWS IQ-110 (1 par gouverne)
L'avion a été
choisi à la fois pour ses lignes fluides et élancées,
et pour son décor original et bien visible.
Le T-50 Golden Eagle
"grandeur"
Ci-dessus, le plan
3 vues de l'avion grandeur.
Si le fuselage de la maquette est à l'échelle, il en est autrement
pour la voilure qui a vu sa surface légèrement agrandie,
en trichant sur les cordes et l'envergure.
Les modifications restent cependant discrètes...
Petit montage (pas très réussi...)
permettant de comparer le grandeur et la "maquette".
Le terme "maquette" est un bien grand mot car les petites erreurs
de reproduction sont nombreuses.
L'image de base provient de l'excellent site airliners.net
C'est un proto, le prochain sera plus juste...
Quelques photos piochées sur le site
du fabricant coréen : Korea
Aerospace Industrie On y trouve aussi un autre décor, un
peu moins sympa. Et le 002 présente aussi quelques différences
au niveau des évacuations et prises d'air notamment.
Le fuselage en Styro
découpé au fil chaud
La vue de côté imprimée
sur papier est reportée sur le pain de polystyrène extrudé.
Pour obtenir la largeur du fuselage, plusieurs
tranches sont collées ensembles à la colle Sader.
Inutile de mettre trop de colle.
Sinon, c'est difficile à découper au fil chaud et à
poncer.
Les gabarits de découpe sont imprimés
sur papier puis collés sur
du carton fort et raboutés.
Les chants sont durcis à la cyano
liquide puis finement poncés pour permettre au fil de mieux glisser.
Les gabarits latéraux sont immobilisés
précisément de chaque côté de la grosse "frite".
Découpe au fil chaud en suivant les
gabarits. La plaque de plomb évite à l'ensemble de glisser.
Première découpe effectuée.
Il ne faut surtout pas jeter les dépouilles qui servent à
caler l'ensemble.
On passe à la vue de dessus. Attention à bien remettre la
forme en place.
Du ruban adhésif permet de maintenir les éléments
ensemble.
Le bloc prend forme...
Dernière découpe au fil chaud : la vue de face. Des épingles
maintiennent les gabarits.
L'arc doit être beaucoup plus long pour cette dernière étape.
Il faut encore conserver les dépouilles.
On ne reconnaît pas encore l'avion. Maintenant, il va falloir poncer.
Le cutter permet de bien dégrossir les arêtes.
Le fuselage est poncé au papier de plus en plus fin.
Fabrication de la verrière
De l'adhésif d'emballage est utilisé pour recouvrir le fuselage
au niveau de la verrière. Le décapeur fait disparaître
les plis.
Afin de couler le plâte qui servira à réaliser le
moule de la verrière, il faut réaliser un caisson sur place.
Il est ici en Dépron®.
Le moule doit être légèrement plus long que la verrière.
Il doit aussi être étanche sur les bords et dans les angles.
Du plâtre à modeler est coulé dans le moule. Les flancs
resserés évitent d'en mettre trop.
Après démoulage, il peut être nécessaire de
poncer légèrement l'intérieur du moule avant de le
cirer.
Pour faciliter le démoulage de la forme mâle qui vient d'être
coulée, le moule désormais inutile a été détruit.
Une bulle est thermoformée dans une bouteille de soda.
Elle
sert de gabarit de découpe pour l'assise sur le fuselage.
Le travail sur l'extérieur du master est terminé, passons
à l'intérieur.
Evidement de la veine
d'air
Afin d'être tronçonné précisément, le
fuselage a repris sa place dans les dépouilles.
Deux équerres guident le fil chaud pour découper des tranches
de fuselage, à des endroits précis.
Le fuselage en morceaux...
Ca permet de l'évider et d'y glisser des couples.
Une table de découpe permet de travailler aisément.
Chacun
des tronçons est évidé
sur mesure.
Des gabarits permettent d'effectuer des ouvertures précises.
Ici, c'est la zone située juste après la double entrée
d'air.
Première découpe, la veine forme
un double cône dans cette partie.
On voit bien ici la forme en Y
du conduit.
La surface du conduit doit être aussi propre que possible. Pour cela,
une cale à poncée cylindrique est utile.
Quelques tronçons après assemblage. On voit bien l'évolution
du conduit.
La dérive
L'âme
centrale de la dérive est en balsa de 3 mm.
La dérive est plaquée de chaque côté avec du
Dépron® de 3 mm.
On voit la gaine qui servira
à guider l'antenne.
Le Dépron® est affiné et soigneusement profilé.
La dérive est glissée entre les couples, dans le haut des
tronçons.
La turbine et son support
découpé sur mesure au laser (merci François)
Les supports de la turbine, découpés au laser dans du contre-plaqué.
La turbine est vissée sur ses supports en bois.
La turbine et ses supports trouvent leur place entre deux couples.
Montage à blanc du modèle.
La turbine restera accessible.
Les fils allant au moteur et au contrôleur débouchent dans
le conduit.
Ils sont guidés dans un évidement réalisé
le long de l'arête supéreiure du fuselage.
Attention lors du collage des tronçons. Les fils doivent rester
libres s'il faut les remplacer.
La voilure est en structure
balsa et contre-plaqué
Montage de l'aile. Le longeron est en contre-plaqué, les fines nervures
viennent se glisser dessus.
Le montage se fait à l'envers sur
le chantier. L'aile est intégralement coffrée.
On retourne l'aile afin de couper
les assises des nervures et pour pouvoir coffrer l'autre face.
Montage à blanc des tronçons d'aile sur les deux couples principaux.
Les couples font également office
de clés d'ailes.
Aile et empennage montés à blanc. L'avion commence à
prendre forme.
On voit les 5 couples, qui ont chacun leur utilité.
Découpage des ailerons après coffrage et fermeture des chants.
Le couple arrière est très fin pour dégager le conduit
de la turbine. Il fait également office de clé pour les demi-stab
en balsa plein.
Montage
des servos au plus près
des gouvernes. Les rallonges sont intégrées dans l'épaisseur
des reliefs du fuselage.
Le marouflage
L'avion a été entièrement marouflé. Papier Japon
pour les parties bois ; Kraft blanc pour celles en mousse.
Le papier Kraft blanc est posé avec un mélange de colle
blanche et de colle à papier peint.
Le papier Japon est collé à l'enduit nitrocellulosique sur
toutes les parties en bois.
Plusieurs couches d'enduit bouche-pores sont nécessaires afin d'obtenir
un état de surface régulier.
Une couche d'apprêt en bombe a été posée pour
faire apparaître les défauts.
De l'apprêt blanc serait préférable, surtout pour un
avion qui doit être peint en blanc... Il a par la suite été
finement poncé.
Les charnières sont en toile fibrée. Elles sont recoupées.
Posées à la cyano fluide, elles tiennent parfaitement.
La mise en peinture
Une couche de peinture acrylique blanche est passée à l'aérographe.
Les masquages servent à délimiter la zone à peindre
en rouge.
L'avion a été masqué
au papier journal.
Toutes les zones à ne pas peindre doivent être recouvertes.
Le rouge a été posé. A ce stade, l'avion qui séchait
sur le balcon s'est retrouvé exposé en plein orage !
Ca fiche une claque au moral.
Une couche de noir est passée avant de poser le doré.
Masquage retirés.
Il reste à peindre le dessous.
Là encore, une couche de noir est posée avant le doré.
Et une nouvelle averse a encore cochonné une partie du travail...
La couche de peinture dorée est passée. Après pose
des autocollants, un vernis satiné en bombe viendra fixer tout
cela.
Quand l'orage s'en
mêle, les couleurs s'emmêlent...
Voilà ce qu'il se passe lorsque l'on laisse sécher sur
le balcon le modèle qui vient dêtre peint.
Le papier journal qui sert aux masquages s'imprime parfaitement lorsqu'il
est mouillé,
la peinture acrylique se dilue et coule, avant d'aller sécher
ailleurs,
et l'eau s'infiltre sous le scotch de masquage, imbibant le papier qui
s'arrache en même temps que le reste.
J'ai compris la leçon...
Ici,
la peinture rouge a coulé (et au niveau du doré, le papier
s'était arraché).
Eviter les masquages au papier journal...
S'il est humidifié, l'encre s'imprime sur la surface en contact
!
L'eau qui s'infiltre assouplit le papier
et dissoud la colle. L'ensemble part en retirant le masquage...
L'aménagement
de l'habitacle
Les pilotes sont en plastique thermoformé.
(Merci Pascal)
L'aménagement d'une aussi grande
verrière est indispensable.
Les autocollants
Les
autocollants dessinés à l'échelle ont été
découpés par un pro dans du Vinyle. (BLH-Andorra)
Je ne me voyais pas découper
tout ça à la main.
C'est beau, la technique...
Les marquages plus petits sont imprimés sur du transparent jet
d'encre autocollant.
La turbine et la sortie
de tuyère
Mise en place de la turbine et du controleur juste derrière.
On voit ici que les 6 pales ont été conservées..
Le contrôleur placé dans la veine
d'air, juste derrière le moteur, est parfaitement refroidi.
La sortie de tuyère n'a pas besoin
d'être moulée : elle est découpée dans une
bouteille d'eau minérale.
Un peu de peinture, quelques filets au marqueur
couleur argent, et le résultat est satisfaisant.
L'installation radio
et les détails
Un des servos de profondeur, placé à l'emplanture du stab.
On voit aussi la trappe d'accès à la turbine.
Un servo d'aileron caché sous sa trappe. Il sera possible de baisser
les volets.
Le crochet de catapultage pour faciliter le départ. Les entrées
d'air "maquette" sont minuscules.
L'aménagement cabine est indispensable.
Sous la verrière se cachent le récepteur et la batterie.
L'allure générale
On ne voit pas trop que les
surfaces de voilure ont été légèrement agrandies.
Le décor demande du
temps. Il est original et bien visible.
Les premiers vols...
Les premiers vols ont été
assez décevants. Même si l'avion volait déjà et montrait
un comportement sain,
il était pratiquement impossible de lui faire prendre de la hauteur à
cause d'une puissance insuffisante.
La pluie est arrivée, mais le réglage des débattements
et du centrage ont été affinés, et le vol
commençait à devenir prometteur... Il ne manquait visiblement
pas grand-chose.
Les vols suivants...
Ce qui a radicalement changé le comportement en vol du modèle,
c'est la découpe d'un "cheater hole"
qui permet à la turbine d'aspirer l'air qui lui manquait. L'ouverture
façon Naca est découpée entre 2 couples, sous l'avion.
Une peinture la rendra plus discrète.
Les vols suivants sont bien
meilleurs. L'avion ne vole pas très vite, mais la puissance permet quand
même de
passer la boucle et d'autres figures de voltige.
Les gouvernes de profondeur mixées en taileron sur le manche de direction
permettent de diriger l'avion,
et même de passer les tonneaux. Mais les corrections sur l'axe de profondeur
atténuent le taux de roulis.
Il est donc préférable d'utiliser les ailerons de façon
classique.
Le départ peut être
assisté avec une catapulte, mais il est également possible de
lancer le modèle à la main. Dans ce cas, il faut quand même quelques
pas de course car la turbine demande une bonne impulsion avant d'accrocher.
Une vidéo du vol est visible ici. Même si l'image
est un peu grillée, on se rend compte des performances du modèle.
(21 Mo, .wmv).
Une présentation complète de ce T-50 Golden Eagle a été publiéé dans Modèle Magazine n°680, en mai 2008, avec le plan du modèle en encarté, échelle 1.