| Le matériel électrique
et électronique embarqué dans nos modèles s’est
allégé de façon considérable ces dernières
années, et heureusement, pas seulement du côté du
poids mais aussi du prix.
A la vitesse où vont les choses, on se demande si l’infiniment
petit ne remplacera finalement pas un jour le simulateur puisqu’on
arrive déjà à faire voler un modèle réduit
dans son salon ! Le virtuel ne reproduira cependant jamais les mêmes
sensations que la réalité d’un courant d’air,
d’un obstacle qui surgit ou tout simplement d’un problème
radio.
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La structure du Starduster a été
simplifiée pour le vol indoor. L’avion ressemble toutefois
à un biplan connu outre-Altantique.
On peut penser qu’il s’agit d’une cacahuète
à moteur élastique. C’est pourtant d’un
modèle RC qu’il s’agit, posé ici sur son
émetteur. |
Toujours plus petit, toujours plus léger
!
C’est une devise partagée par de nombreux fabricants. L’électronique
fait appel aux CMS (Composants Miniaturisés de Surface), les batteries
utilisent d’autres technologies permettant d’emmagasiner une
capacité bien supérieure à celles que nous avons
utilisées pendant des années pour une masse nettement plus
faible. Seul notre précieux balsa ne varie pas mais il peut également
être remplacé par des matériaux modernes.
L’équipement du Starduster présenté ici est
donc un peu singulier mais il est disponible dans le commerce et ne nécessite
aucune connaissance particulière. Un peu de soin, de la patience,
et tout le monde peut faire la même chose ; certains font déjà
même beaucoup mieux.
L’électronique est composée d’un ensemble récepteur-variateur
JMP Solutions et de deux actuateurs chargés d’actionner les
gouvernes. Poids de l’ensemble : 3,6 g ! Les actuateurs remplacent
les servos utilisés habituellement. Le principe de fonctionnement
est simple : c’est en fait un électro-aimant. Une bobine
est traversée par un courant plus ou moins fort, qui peut également
être inversé. Un aimant puissant est suspendu au centre de
cette bobine. Il est relié de façon rigide à la gouverne.
La force est variable en fonction de la puissance délivrée,
et la gouverne est actionnée en conséquence. C’est
surprenant de simplicité et d’efficacité : même
les trims sont précis. La puissance est cependant très faible.
Il faut donc réaliser des charnières qui soient très
douces à actionner, et que les gouvernes soient très légères,
de préférence compensées de façon aérodynamique
et si possible également de façon statique.
Côté batterie, on se contente d’un seul élément
Li-Poly de 145 mAh de 3,7 V (10 €) qui pèse à lui seul
3,5 g. Il est a la limite de la consommation acceptable. Si vous pensez
sortir votre modèle à la masse indiquée, ça
passe. Dans le cas contraire, il est préférable de placer
2 éléments en parallèle.
Le moteur est un KP00 disponible également dans le commerce (22
€). Les amateurs de cacahuètes électriques l’utilisent
déjà depuis une dizaine d’année. Ce minuscule
moteur très bien conçu est livré monté sur
un réducteur. Il est accompagné d’une hélice
85x45 mm et de 3 portes pales (bipale, tripale ou quadripale). Uun jeu
de pales suplémentaire avec un pas plus important 85x60 mm est
également fourni. De multiples combinaisons peuvent donc être
réalisée avec cet ensemble afin d’obtenir les meilleurs
performances en fonction du modèle équipé. Le système
est très bien conçu et l’hélice est même
repliable. Ca ne sert pas à gratter un peu de traînée
au plané, le vent relatif n’étant pas assez important
pour la replier mais ça évite la casse en cas de toucher
involontaire. L’ensemble est donc tout à fait fiable.
Construction : gros doigts s’abstenir
La cellule est construite à partir d’une demi-planche de
balsa 15/10 léger. Cela signifie que la planche doit peser environ
15 g, guère plus. Elle sera débitée en languettes
ou en baguettes, en fonction de leur destination. L’important est
de bien respecter le sens des fibres afin de donner un peu de résistance
à cette frêle structure.
Les nervures sont creuses, pour faciliter la découpe et aussi pour
gratter quelques dixièmes de grammes.
Elles sont toutes découpées de manière identique,
avec un petit gabarit en contre-plaqué ou avec un pistolet à
dessin que l’on fait glisser. L’usage d’un scalpel est
quasi impératif pour ne pas casser le bois dans le sens des fibres
lors de la découpe. Certains amateurs de cacahuètes utilisent
une lame de rasoir cassée en pointe. Si vous savez la casser sans
vous blesser, vous pouvez essayer.
On travaille sur le plan protégé par un film plastique,
après avoir découpé les pièces l’une
après l’autre avec beaucoup de soin. Le collage se fait bien
sûr à la cyano, question de poids toujours.
Les bords d’attaques sont découpés dans une baguette
balsa 2x2 plutôt que dans une planche. Le bois est en général
plus dense et donc plus solide.
Pour le fuselage, les baguettes sont coupées sur place, éventuellement
reponcées avec une lime à ongle si nécessaire. Chaque
pièce doit venir se positionner parfaitement contre l’autre
; il est absolument impensable de combler le moindre espace avec de la
colle.
Si une pièce doit être maintenue en place, on peut utiliser
un morceau de ruban adhésif, ou bien des épingles à
condition de les planter de part et d’autre des pièces et
non pas au travers, ce qui fragiliserait la cellule.
Quand un élément est terminé, il est aussitôt
mis de côté pour ne pas risquer d’être détruit.
C’est si léger que la balance n’affiche même
pas le poids des éléments séparés.
Les nervures de l’aile, toutes identiques, sont recoupées
si nécessaire en longueur à chaque extrémité
afin de se positionner entre le bord d’attaque et le bord de fuite.
Celles qui se trouvent au niveau des haubans, ainsi que celles d’emplanture
sont plates à l’intrados pour une solidité accrue.
Le fuselage est construit de la même manière. Après
construction et entoilage, une languette placée sur la tranche
évitera les déformations dans le sens longitudinal.
Pour plus de solidité, les montants de la cabane sont en balsa
20/10 un peu plus dur. Le support moteur est en samba 3x8 et la baguette
qui réuni les 2 volets de profondeur est en hêtre, issue
d’un cure-dents… Ce sont les seuls renforts nécessaires.

La cellule seule pèse 4 g sans entoilage.
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Ca prend forme. Il reste à entoiler et à
poser l'équipement radio.
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Sans la peinture, le modèle entoilé
au mylar dévoile sa frêle structure. Il pèsera
4 g de plus après décoration.
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Finition
La cellule terminée a reçu dans un premier temps une couche
de Balsaloc, un produit qui se pose au pinceau et qui devient adhésif
lors du passage du fer à entoiler. Bien sûr, afin de ne pas
alourdir le modèle, seules les surfaces où le film vient
en contact ont été enduites. L’appareil a été
entièrement recouvert d’un film de mylar, tendu à
chaud.
La partie mobile du stab est glissée dans un premier temps au travers
du fuselage puis c’est au tour de la partie fixe. Après collage
de cette dernière, on peut réaliser l’articulation.
Pour les charnières (4 sur le stab, 3 sur la dérive), j’ai
utilisé de l’élastique de mercerie non gainé,
très fin, environ 8/10, collé avec une pointe de cyano dans
une fente pratiquée au cutter (provenance de l’élastique
: la bande ceinture d’un vieux slip, si, si !). La charnière
obtenue est donc très souple et permet d’obtenir un rappel
au neutre si la gouverne n’est pas trop lourde.
L’installation radio peut se faire dès à présent
ou après peinture. Il faudra juste protéger les éléments
des éventuelles projections.
Ce n’est pas parce que l’on souhaite réaliser un modèle
le plus léger possible qu’il faut négliger les détails
qui changeront l’aspect final. Ainsi, un cône a été
tourné dans un petit bloc de balsa monté sur une mini-perceuse.
La fixation se fait sur le moyeu de l’hélice avec une morceau
de chalumeau en plastique (paille alimentaire) qui rentre juste en force.
Un petit pare-brise a été découpé dans un
emballage en plastique fin. Un trait de feutre indélébile
vient délimiter visuellement le pourtour.
Les roues sont constituées de deux épaisseurs de balsa 15/10,
fibres croisées pour plus de solidité. Elles sont également
tournées à la perceuse. Le pneu est simplement tracé
au feutre. Inutile de se compliquer la vie à cette échelle.
Les carénages de roues, indispensables pour le look, sont également
réalisés avec deux épaisseurs de balsa. Plutôt
que de les faire creux, ils ont été découpés
un peu plus large que les roues qui se trouvent ainsi dans le même
axe. La fixation se fait avec un morceau de balsa placé horizontalement,
qui vient se coller sur le pantalon de roue. Le train est en corde à
piano 8/10, plié d’une pièce. La fixation sur le fuselage
se fait au moyen d’un morceau de gaine thermorétractable,
collé après mise en forme, dans une rainure pratiquée
sur le fuselage. Ce train est donc facilement démontable.
La peinture a été passée à l’aérographe.
C’est de la Humbrol très diluée. L’intrados
des ailes et du stab n’a pas été peint, pour gagner
un peu de poids. Il faut savoir que cette déco supplémentaire
qui change totalement l’aspect du modèle a fait passer la
masse de 24 à 28 g. La peinture représente donc plus de
15% de la masse du modèle. Si vous avez construit un peu lourd,
il sera bon de s’en passer.
Pour l’aspect final, quelques autocollants ont été
réalisés avec un film plastique autocollant passé
dans l’imprimante et recouvert d’un voile de verni incolore.

Décor léger à l’aérographe.
La peinture est très diluée.
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Une bande de tôle fine est idéale pour maintenir
les aimants au centre de la bobine.
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Détail de l’actuateur qui commande la profondeur.
Il est fixé directement sur le stabilisateur.
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Equipement
Les deux actuateurs sont directement casés sur les gouvernes. Le
support des aimants a été découpé dans la
tôle d’une canette de soda. C’est bien plus facile à
manipuler et à régler qu’une bande de papier imbibé
de cyano, et ça ne bouge pas à l’humidité.
Ces actuateurs sont placés à quelques centimètres
l’un de l’autre, et les aimants sont si puissant qu’ils
produisent quelques interactions, heureusement sans conséquence
quand le modèle est en vol. Ne pas placer ces actuateurs à
moins de 4 ou 5 cm l’un de l’autre pour éviter ce genre
de souci.
Le récepteur est placé dans l’épaisseur du
fuselage, dans une fenêtre découpée un peu juste.
Le moteur KP00 est tenu par 2 vis sur le bâti en samba, une simple
baguette collée contre le flanc du fuselage.
La batterie de 145 mAh tient avec un morceau d’adhésif double
face sur un flanc. Elle peut être remplacée par 3 éléments
de 50 mAh Ni-Cd pour ceux qui n’ont pas encore goûté
à cette technologie.
Le centrage est obtenu sans plomb. Déplacer au besoin l’un
des éléments embarqués.

Réducteur simple à pignon. L’hélice
est repliable et le cône est tourné en balsa.
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Le pilotage en 2 axes est à la portée de
tous, ou presque.
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Le vol en intérieur est facile. En extérieur, il
faut que le vent soit totalement absent.
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Vol : On ouvre grands les yeux
Les vols se font de préférence en salle car le moindre souffle
peut perturber la trajectoire. Le décollage du sol est une formalité,
le taxiage aussi car la dérive est parfaitement soufflée.
Il est même très amusant de rouler sur une roue, queue haute,
puis d’alterner le virage d’un simple coup de direction.
La vitesse n’est pas très élevée et donne un
air de légèreté au modèle. Les gouvernes sont
d’une précision surprenante. On aurait pu s’attendre
au contraire quand on voit la souplesse à l’arrêt et
la faible force exercée par les actuateurs.
Le vol plané est même étonnant malgré la traînée.
Il ressemble à celui d’une cacahuète lorsque l’écheveau
de son moteur caoutchouc est détendu.
Aucun problème de portée radio n’a été
rencontré et le modèle peut voler loin à l’autre
bout de la salle même si d’autres modèles sont en vol.
Il est si petit qu’on le perdra de vue avant que la portée
ne diminue…
Des vols ont été effectués dans une salle de 7x7
m. Bien sûr, il faut décoller en cercle et virer constamment.
Au bout de quelques tours, l’avion finit par croiser son propre
sillage et se fait de plus en plus chahuter…
Par temps très calme, on peut voler en extérieur. La place
disponible apparaît alors immense.

Une once de plaisir
Effectivement, ce petit biplan de 28 g procure bien du plaisir malgré
son vol simple en 2 axes. Sa construction est assez rapide, même
si elle demande du soin au niveau de l’ajustage des pièces.
L’entoilage est aussi un peu délicat et l’on prendra
garde à ne pas vriller la cellule.
Afin de le garder longtemps en bon état, il est préférable
de lui confectionner une boîte sur-mesure, le moment où il
souffre le plus étant celui du transport entre l’atelier
et le terrain de vol.
A tous ceux qui se lanceront dans l’aventure : bons vols au
pays de Lilliput…
Contacter l'auteur : laurent@jivaro-models.org |