Rétrospective
sur l’épopée fantastique du Hollandais volant.
Anthony Fokker est né en
1890 à Kediri, sur l’île de Java, une ancienne
colonie néerlandaise.
Fokker effectua ses premiers sauts de puce vers 1910 avec Goedecker,
un camarade de classe avec qui il s’associa ainsi qu’un
nommé Franz Von Daum, plus fin constructeur que lui et d’ailleurs,
Fokker ne s’en cachait guère en se prétendant
plutôt aviateur constructeur, ce qui à mon sens ne
résonne pas de la même façon. Bref, de cette
collaboration naîtront les deux premiers avions de l’équipe
Fokker. Goedecker, lui, avait déjà construit son modèle,
le “Sturmvogel” et c’est à la suite de
cela qu’il rejoindra son ami Fokker plein d’idées
mais pas assez imaginatif pour mettre en pratique seul ses projets.
Ils construisirent et firent ensemble voler le premier appareil
en 1910. Fokker le nomma “Spinne” ce qui dans la langue
de Goethe veut dire araignée. Ce nom vient du fait que son
avion était truffé de haubans, j’en ai comptabilisé
32 rien que sur les ailes. Ca laisserait à penser que Fokker
l’aurait comparé à une araignée tissant
sa toile de mille fils.
Après les premiers essais peu convaincants et les deux accidents
provoqués par Von Daum, dont l’un lors d’un vol
en son absence, fut relaté maintes fois par Fokker puisqu’il
se termina dans un arbre perdu au beau milieu d’une vaste
prairie et du même coup stoppera sa collaboration avec Von
Dom. Néanmoins, il lui rachètera le moteur Argus 50
CV et continuera à travailler avec Jacob Goedecker. C’est
avec ce dernier qu’il mettra au point, en 1911, le Spinne
type III. Il sera couronné de succès et fera un vol
mémorable, le 1er septembre 1911, autour de l’église
d’Haarlem en Hollande sous le regard des habitants médusés
par les prouesses de ce jeune pilote qui deviendra le riche et célèbre
concepteur de nombreux appareils de la Première Guerre mondiale.
Ensuite, il s’expatriera aux USA pour se lancer dans l’aviation
de transport jusqu’à sa mort en 1939.
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Le modèle
A la fin des années 90, l’activité indoor
est en plein essor et tout le monde s’active à essayer de
faire des jolis avions, de sorte que les rencontres ont des créneaux
dédiés à la maquette. Après avoir été
sollicité à plusieurs reprises, j’ai attrapé
le virus moi aussi. Dès lors, je cherchais un modèle qui
n’avait jamais été reproduit en modèle réduit.
Didier Gallimand, un autre “fêlé” de la discipline
me fit découvrir un plan trois vues du Fokker Spinne ainsi qu’un
dessin d’artiste reproduit sur un almanach japonais. C’est
sur ces bases-là que j’ai entrepris la construction de la
maquette. A l’échelle 1/10, ce qui donne une envergure confortable
au modèle, soit 1,30 m environ. Le seul inconvénient de
l’époque était de trouver une motorisation pouvant
être dissimulée dans le faux moteur tout en gardant tout
son potentiel. De plus, sur une maquette, plus vous ajoutez de détails
et plus vous alourdissez et ceci à une vitesse folle. Donc, j’ai
essayé de trouver les matériaux les plus légers et
les plus solides à la fois. Toutes les commandes ont été
réalisées conformément au réel, à l’aide
de commandes aller-retour. Cela a été un vrai casse-tête
mais le résultat en valait la peine.
Caractéristiques
Nom : Fokker Spinne type III année 1911
Envergure : 130 cm
Longueur : 75 cm
Poids : 342 g
Surface alaire : 28,29 dm²
Charge alaire : 12 g/dm²
Motorisation : NPM 1230/5300 Micro Brushless
Réducteur : GWS format 150 taux 7:1
Variateur : Wema Sinus 08
Récepteur : Jeti 04
Servos : 2 Pico 5,6 g
Batterie : Lipoly Power Dragon 3S1P 850 mA
Hélice : GWS 9”x4,7” |
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Les demi-ailes
Après différentes épures, j’ai dû
me résoudre à faire simple. Il faut dire qu’à
la base, si l’on se reporte à l’inventaire du grandeur,
leur construction était somme toute assez sommaire. Donc, idem
pour ma maquette qui sera destinée au vol d’intérieur
avec tout ce que cela implique comme sacrifices : le profil, les matériaux
et surtout le poids. En 1999, on en est encore à utiliser les profils
creux à tout bout de champ, non pas par plaisir mais pour rendre
le modèle, je dirais lent et efficace en salle. Or, le Fokker Spinne
avait un profil particulier qui n’augurait rien de bon. Il faut
savoir que l’aile était constituée de tubes sur lesquels
on allait tendre une toile de lin. Un semblant de profil au bord d’attaque
suivi de joncs en bambou qui traversaient l’aile dans des poches
et allaient constituer les nervures. Elles étaient de même
section et de même longueur. J’ai fait une tentative mais
l’Ecospan tendu sur la structure avait du mal à résister
aux coups de cutter et les jonctions n’étaient pas du plus
bel effet. Je suis donc revenu à des nervures classiques fabriquées
au bloc dans du balsa plume de 1,5 mm. Le bord d’attaque est du
rond de balsa 5 mm, deux longerons en balsa 3x2 mm, un longeron en jonc
de carbone de 2 mm qui se termine par un tube en aluminium dont le diamètre
intérieur est identique au longeron carbone. J’ai réalisé
deux petites clés en corde à piano de 2 mm ou plus exactement
des tétons de centrage d’aile car seul le haubanage assure
la solidité de l’aile.

Les demi-ailes sont raccordées au fuselage par de petites
clés mais ce sont les haubans qui font la solidité de
l'avion. |

Une forêt de câbles et de mâts enveloppant
une frêle structure caractérisent le Fokker Spinne. |
Les empennages
Cette partie fut également un morceau de bravoure non pas
dans la conception mais plutôt pour sa mise en place et le montage
de la forêt de haubans qui actionne l’ensemble du stabilisateur.
D’ailleurs, c’est idem pour les dérives, leurs montages
se font soit par le bas pour le drapeau inférieur soit par le haut
pour le supérieur et les montants avant se font en dernier. Le
passage des commandes reste simple, cependant comme tous les collages
se font à la cyano, il faut essayer d’immobiliser au maximum
les dérives pour tendre les commandes ensemble pour éviter
d’avoir des incohérences au niveau des débattements.

L'écusson du fabricant a été parfaitement
reproduit sur la petite dérive supérieure.
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L'axe de lacet est piloté par deux minuscules dérives
placées de part et d'autre du stab. |
Le fuselage
Peut-on réellement parler de fuselage, n’oublions
pas que ce sont deux poutres sur lesquelles reposent à la fois
le moteur, les demi-ailes, le train, le siège du pilote et les
empennages. Pour ce faire, j’ai d’abord rassemblé du
samba pour constituer les flancs, les patins et les différentes
traverses. Ensuite, comment faire les montants qui supportent à
la fois le train et tout le haubanage ? Il me fallait là aussi
quelque chose de léger et solide. Le balsa étant trop fragile
et le samba trop lourd et difficile à travailler pour cette étape,
j’ai choisi des tubes et des joncs carbone. Dans un premier temps,
j’ai préparé les poutres principales, on va dire les
deux flancs en samba de 10x5 mm. J’ai fraisé les chants et
cassé les arêtes. J’ai coupé les entretoises
dans du samba de 4x3 mm. Les patins sont aussi en samba. Les montants
des patins, du train et des supports des haubans sont en tube carbone
de diamètre 4 mm. La confection de toute la partie bois a été
faite selon le principe tenon / mortaise. Les montants en tubes de carbone
sont fixés aux flancs à l’aide de minuscules cuillères
que l’on trouve sur certains cotons-tiges de la marque Quiès.
L’avantage, c’est qu’ils sont en plastique, qu’on
peut les déformer à souhait et qu’ils sont pile-poil
au diamètre intérieur des tubes en carbone, il faudra même
les poncer pour qu’ils ne rentrent pas trop en force. Tout ce qui
simule la tuyauterie rigide est constitué pour l’essentiel
de gaines de commandes.

La béquille est suspendue par un tendeur. |

On devine la minuscule poulie placée en haut d'un mât,
sur laquelle glisse la commande de profondeur. |

Des émerillons et des agrafes permettent de fixer rapidement
les nombreux haubans qui sont fonctionnels. |
Les roues
Pour les fabriquer, j’ai dû confectionner un gabarit
pour centrer la jante par rapport au moyeu. Je ne vais pas vous détailler
la construction mais simplement vous donner quelques indications pour
mener à bien cette étape. Pour faire la jante, j’ai
choisi un profilé en U utilisé par les architectes. Mise
en forme en vous aidant des cales de maintien, vous chauffez raisonnablement
au décapeur thermique, cette technique permet d’obtenir une
forme ronde rapidement sinon vous pouvez aussi l’arrondir autour
d’un rondin au diamètre inférieur à votre roue.
Ensuite, vous collez la jonction, soit à la cyano soit à
la colle pour maquettes plastiques. Pour les trous et la pose des rayons,
je me suis inspiré de la technique employée par Alain Vassel
sur sa Demoiselle si ma mémoire est bonne. Je vous rappelle qu’ils
sont en coton glacé de la marque Gutterman, c’est un fil
qui ne travaille pratiquement pas et de plus, il est très solide.

Un chantier a été réalisé pour
la fabrication des roues à rayon. |

Les rayons sont en fil à coudre.
La jante réalisée à partir d'un profilé
en plastique. C'est suffisamment solide à cette échelle.
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Bien entendu, le train est suspendu. Les tendeurs sont en
caoutchouc gainé. A noter : les traverses de bois fraisées.
Quel souci du détail. |
Faux moteur
A lui seul, il représente une somme de travail considérable.
Pouvoir concilier légèreté et réalisme, cela
ne s’est pas fait sans anicroche. Mon souhait était de réaliser
le 8 cylindres Renault, beaucoup plus beau mais à refroidissement
par air, donc plus de radiateurs sur les flancs et c’était
impensable de ne pas les faire pour deux raisons : La première,
leur emplacement me permettrait de dissimuler toute la radio et la seconde
par pur esthétisme. N’oublions pas qu’à part
quelques bouts de bois et de la toile, le fuselage brille par son absence,
de ce fait, tout ce qui est rajouté participe au réalisme.
Donc, j’ai choisi le moteur Argus 4 cylindres en ligne de 50 CV,
beaucoup plus sobre. Pour commencer, il suffit de fabriquer un gabarit
en vue de dessus, en deux exemplaires. Il devra reproduire la surface
totale du moteur, pattes de fixation comprises tel qu’il était
monté sur le grandeur. Ensuite, soit vous réalisez le carter
en balsa mais attention aux fuites d’huile… ou vous le sculptez
dans du Roof très dense ; c’est ce que j’ai fait
pour une raison simple. Le Roofmat poncé, malgré une surface
lisse, garde cet effet peau d’orange qui une fois imprégné
de colle vinylique et peint donnera un aspect fonte. Les cylindres sont
découpés dans un tube plastique et la culasse également
dans du Roof bleu. Tout le reste n’est qu’objets de récupération
ainsi que de la corde à piano pour simuler les culbuteurs.
Un
peu de mousse sculptée, quelques tiges, des tuyaux pliés
et beaucoup d'astuce... On s'attend presque à entendre le bruit
de la mécanique. |

Sous le faux moteur se cache un petit brushless équipé
d'un réducteur à pignons. Il faut quand même un
peu de puissance pour pouvoir voler en extérieur. |

Le faux moteur dévoile l'armature en contre-plaqué
et l'habillage en Styrodur sculpté.
Le motoréducteur trouve largement sa place à l'intérieur. |
L’électronique
Comme je le disais plus haut, tout les éléments
constituant la radiocommande (servos, récepteur, etc.) doivent
être dissimulés au maximum pour donner l’illusion que
tout est d’époque. Pour ce faire, j’ai utilisé
la technique du décor camouflage. La couleur la plus appropriée
est le noir mat Humbrol n° 33. Tout y est passé, même
le variateur. Ensuite, j’ai monté deux servos, ce sont des
6 g classiques, cela suffit largement, le récepteur, un NES 04
a été dépouillé au maximum pour gagner un
peu de poids et du fait de l’exiguité de l’endroit
m’a permis de brancher les prises servos avec moins de difficultés.
J’ai placé sur la même platine un micro-interrupteur
à bascule. Sur ce modèle, c’est forcément obligatoire,
la batterie étant montée à demeure pour des raisons
d’esthétisme évidentes. Pour la première motorisation,
j’utilisais des Sanyo 350 mA, ensuite j’ai monté des
330 mA Ni-MH, le constat fut rapide, autonomie trop faible. Avec l’évolution
constante et rapide des batteries, j’ai bien entendu monté
des Li-Po, 3S1P 850 mA, ce qui me donne non seulement une autonomie substantielle
mais une puissance démoniaque. Parlons justement du moteur.

La radio est camouflée entre les radiateurs. Tout est
peint en noir mat, pour plus de discrétion. |

La batterie de 3 éléments Li-Po est cachée
sous le stab pour des raisons de centrage. Elle est maintenue par
des élastiques. |
Le moteur
Il y en a eu plusieurs, mais je ne citerai que ceux qui ont réellement
fait voler le Spinne. En tout premier, j’ai commandé en Allemagne,
chez Mike Tiny Models, le Mosquito qui est d’ailleurs toujours au
catalogue. Ce moteur est un DMC 20 Kyosho sur lequel est affecté
un réducteur planétaire 6:1, tout plastique d’où
un devis de poids plus qu’honorable, soit une cinquantaine de grammes
avec l’hélice APC Slow Fly 10”x4,7” que je me
suis amusé à reproduire façon nervuré comme
cela se faisait à l’époque lorsqu’ils utilisaient
deux essences de bois différents. J’ai tenté le GWS
150 avec un taux de réduction de 7:1. Il volait mais sans réserve
de puissance. Depuis peu, j’ai gardé l’idée
du GWS avec le même taux de réduction mais cette fois-ci
affublé du micro brushless Feigao d’origine chinoise vendu
chez New Power Modélisme et là, transformation totale. Je
vous donnerai les chiffres plus loin.

L'hélice en plastique a été peinte pour
ressembler à celles en bois contre-collé de l'époque.
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Le centrage
Sur ce point, la rigueur sera de mise. Le Spinne n’accepte
absolument pas l’à peu près. Centré trop avant,
il oscille violemment, n’oublions pas qu’il a à la
fois du dièdre et de la flèche. Tous deux très
prononcés engendrent un phénomène qui rend le Spinne
difficilement manœuvrant. Cela disparaît lorsque le modèle
est bien centré. Le point de centrage se situe au niveau du mât
arrière qui supporte les haubans du bord de fuite.

Les radiateurs caractéristiques de cette version équipée
d'un Argus 4 cylindres en ligne de 50 CV. |

Pour réaliser ce radiateur, l'auteur a utilisé
du Dépron® recouvert d'un
bas nylon. L'illusion est parfaite. |
Astuces et finition
Je vais vous donner quelques indications et surtout des références
de peintures pour les différents éléments constituant
la maquette. Pour la partie bois, j’ai utilisé du vernis
bois, teinte acajou de la marque Syntilor appelé Aquaréthane,
qui est en réalité un sous-produit polyuréthane utilisant
les nouvelles normes en matière d’environnement. Sans odeur,
il a un pouvoir couvrant extraordinaire, il sèche en quelques minutes
et vous pouvez laver toutes les imperfections avant séchage avec
de l’eau tiède. Pour les armatures métalliques tels
les supports de haubans et de train et certaines parties du moteur ainsi
que le réservoir, j’ai utilisé de la peinture Humbrol
n° 27003, c’est ce qui va vous donner la teinte appelée
“metal coat”. Vous la passez au pinceau à poil doux,
c’est obligatoire et vous la laissez sécher une bonne heure.
Vous avez une teinte gris mat sale. Alors, vous prenez un coton-tige et
vous astiquez toutes parties en effectuant des microcercles et là
magie, vous obtenez un gris métal vieilli, patiné. La culasse
du moteur semble en fonte, le réservoir paraît être
en zinc étamé, les ferrures semblent en vieux métal
usé. Bref, tout devient patine, retenez bien cela. Pour éviter
d’emmêler vos haubans, mettez des émerillons à
la jonction de ceux-ci. A l’arrière du pilote ainsi qu’à
la base du train, les amortisseurs sont réalisés avec de
l’élastique gainé blanc diamètre 1,5 mm
que l’on trouve facilement en mercerie.

Le réservoir suspendu est parfaitement reproduit, l'aspect
métallique est dû à la peinture utilisée.
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Indispensable sur toute maquette, et encore plus ici en raison
de l'absence du fuselage : le pilote. Il fallait bien du courage à
l'époque pour prendre place dans ce siège !
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Le pilote est articulé.
Il tourne la tête quand la direction est actionnée et
bouge les bras fixés sur le manche de profondeur.
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Les vols
Votre maquette devra voler comme le vrai mais avec une réserve
de puissance confortable afin de vous tirer d’un mauvais pas le
cas échéant. Avec le DMC 20 équipé d’une
10”x4,7” Slow Fly avec 8 éléments 350 mA, la
consommation est de 4,5 A en pointe et l’autonomie moyenne, vous
volez constamment aux gaz. Avec le GWS équipé du brushless
et d’une hélice Slow Fly orange 9”x4,7”, la consommation
passe à 4,8 A, voire 5 A mais elle chute rapidement en vol car
la réserve de puissance est telle que vous ne volez même
pas à mi-gaz. Conclusion, l’essayer c’est l’adopter.
Depuis 1999, les qualités de vol sont allées crescendo,
il faut dire que les motorisations ont évolué au fur et
à mesure des années. Véritable succès lors
du Mondial de la maquette 2000 à la porte de Versailles. Des résultats
plus mitigés lors des rencontres indoor classiques. Ce genre de
modèle sera plutôt classé parmi les park flyers. D’ailleurs,
à ce propos, j’avais tenté mon premier saut de puce
sur une petite place de marché au centre ville de Versailles. Le
dernier vol en date a révélé que le Spinne n’aime
pas du tout le vent, d’ailleurs dans les récits d’époque,
on mentionne souvent ce fait. Par contre, les minuscules dérives
sont semble-t-il soufflées et de ce fait, elles sont étrangement
efficaces. Méfiance par contre lors des basses vitesses surtout
en virages, l’avion a tendance à maintenir le cap plus qu’il
ne faut. En salle, vous serez même obligé de voler plus vite.
Sans vent relatif, le Fokker Spinne vole bien tant qu’il a de la
vitesse, sinon il se met à tanguer de manière incontrôlée
et c’est le crash assuré si vous ne reprenez pas les choses
en main rapidement. C’est du vol maquette en quelque sorte.

Haut perché sur son train, l'avion est prêt
à s'envoler.
Quel réalisme !
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Comme son aîné, le Spinne est très sensible
au vent. Il devra donc voler par calme plat ou bien en intérieur,
dans une vaste salle. |
Un travail d’équipe
Pour qu’un tel projet aboutisse, il a bien fallu que je
m’entoure de personnes aussi passionnées que moi mais qui
n’y ont pas forcément cru ou n’ont pas eu le même
enthousiasme pour aborder ce sujet. Néanmoins, je tiens à
les remercier et je citerai en tout premier pour ses documents très
rares, l’ingénieur Jan Van Huijstee, un ancien de chez Fokker
qui malgré son âge s’est replongé dans ses souvenirs
et ses archives personnels, à contacté les bonnes personnes
de l’Aviodrome d’Amsterdam qui lui ont donné les plans
du moteur Argus 50 HP. Jean-Pierre Bertrand Porchet du musée de
l’Air et de l’Espace du Bourget pour les différentes
vues d’un Spinne équipé du moteur Renault. Didier
Gallimand, le principal instigateur qui m’a embarqué dans
cette aventure.
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The happy end
Je pense qu’il y aurait encore beaucoup à dire sur
cette aventure, mais toutes les belles histoires ont une fin et pour que
rêve persiste, ce n’est pas un secret que de vous dire que
le plus bel avion, c’est le suivant. Bons vols à tous.

L'auteur donne une idée des dimensions de ce Fokker.
L'appareil mesure 1,30 m d'envergure. |

Le pilotage de ce modèle est délicat. En extérieur,
on dispose de toute la place voulue, c'est mieux pour les premiers
vols. |
Contacter l'auteur : pascal.bourguignon@jivaro-models.org
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